Al-Iskïr

.

La colombe était belle avant de s'envoler
Le vent souffle et porte ce qui me coûte tant
Pourquoi a-t-on cueilli la rose ensanglantée
La nuit m'a laissé là ; tu baignais dans ton sang

Le vent souffle et porte ce qui me coûte tant
Ma raison s'envole comme fuit l'évadé
Et fortune se fait misérable nausée
Quel est donc ce plaisir dont je suis dépendant

Pourquoi a-t-on cueilli la rose ensanglantée
Funeste tentation ou simple jeu d'enfant
Je ne sais que penser de ces billets flambant
Ton souvenir n'est plus qu'un regard sinistré

La nuit m'a laissé là ; tu baignais dans ton sang
Cette nuit où frustré, tu t'es défenestré
Seule meurtrière de mon plus bel amant
La colombe est semblable à la poudre inspirée


Me, "Al-Iksïr" in primo carmine (juin 2006).




*Tous droits réservés à Alexis Pelletreau. D'après la Convention de Berne sur les droits d'auteurs.


.

# Posté le samedi 04 novembre 2006 12:19

Modifié le mardi 14 novembre 2006 13:52

Une vie de femme

Elle marchait dans la rue, regardant les étoiles.
Avançant lentement, laissant traîner son voile.
Douce silouhette venant de l'inconnu ;
Sorte de spectre sombre que le monde tue.
Elle ne pouvait parler car on l'avait punit :
Elle ne pu pleurer, on lui avait interdit.
Derrière elle un homme la suivait du regard ;
Homme qui prudemment, traversait le brouillard.

Durant toute sa vie, elle n'avait que soufère.
Elle pleurait. Tant de fois elle avait due se taire.
Elle approchait d'un pont où elle allait sauter.
Et derrière elle l'homme, allait bientôt prier.

*Tous droits réservés à Alexis Pelletreau. D'après la Convention de Berne sur les droits d'auteurs.

# Posté le jeudi 14 avril 2005 14:10

Modifié le mardi 24 mai 2005 17:44

L'Orphelin

L'Orphelin
..........................................................~°~.............................................................

Lorsque dans mes rêves je vois toutes les nuits
Un enfant pleurant seul la mort de ses parents,
Je ne peux m'empêcher de pleurer avec lui.
Alors toutes les nuits, je pleure tout le temps.
Aussi toutes les nuits, je vois ce pauvre enfant
Implorant le Seigneur au beau milieu d'un champs.

Et tous les matins, pauvre petit Orphelin,
A sa fenêtre il allait guêtter les lapins.
Mais il ne reste plus de ce petit gamin
Que la peine, la haine, et l'amour qui s'éteint.
(le 13 mars 2005).

*Tous droits réservés à Alexis Pelletreau. D'après la Convention de Berne sur les droits d'auteurs.

# Posté le lundi 14 mars 2005 12:14

Modifié le jeudi 31 mars 2005 14:20

L'hymne à la mort

L'hymne à la mort
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
...................................¤~O~¤.................................


Dans mes veines coule la mort.

Je t'aimais hier,
Je t'aime aujourd'hui.
Si demain je te perd,
Qu'on me prenne la vie.

Dans la Seine ira mon corps.

Lorque tout se meurt,
Que le Soleil n'a plus d'allure,
Je ne connais que la langueur,
Je ne vois plus que mes brûlures.

Dans mes veines coule la mort.
Moi je t'aime, toi tu m'adore.
Si demain je t'aime encore,
Dans la Seine ira mon corps.

*Tous droits réservés à Alexis Pelletreau. D'après la Convention de Berne sur les droits d'auteurs.

# Posté le samedi 12 mars 2005 13:23

Modifié le jeudi 19 mai 2005 18:15

Mors

Mors
Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ.
Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant,
Noir squelette laissant passer le crépuscule.
Dans l'ombre où l'on dirait que tout tremble et recule,
L'homme suivait des yeux les lueurs de la faulx.
Et les triomphateurs sous les arcs triomphaux
Tombaient ; elle changeait en désert Babylone,
Le trône en échafaud et l'échafaud en trône,
Les roses en fumier, les enfants en oiseaux,
L'or en cendre, et les yeux des mères en ruisseaux.
Et les femmes criaient : - Rends-nous ce petit être.
Pour le faire mourir, pourquoi l'avoir fait naître ? -
Ce n'était qu'un sanglot sur terre, en haut, en bas ;
Des mains aux doigts osseux sortaient des noirs grabats ;
Un vent froid bruissait dans les linceuls sans nombre ;
Les peuples éperdus semblaient sous la faulx sombre
Un troupeau frissonnant qui dans l'ombre s'enfuit ;
Tout était sous ses pieds deuil, épouvante et nuit.
Derrière elle, le front baigné de douces flammes,
Un ange souriant portait la gerbe d'âmes.

Victor Hugo, Les Contemplations.

# Posté le samedi 12 mars 2005 13:22